Parcours


"L'écriture est le seul lieu qui me permet d'échapper à tous les autres car il casse chaque jour un lieu de mon aliénation et reconstruit un lieu de ma liberté. Elle est mon seul recours dans ma négociation avec l'autre, avec le malheur, avec l'absurde, avec la vie et avec la mort". Slimane Benaissa - Docteur Honoris Causa de l'INALCO, Sorbonne 2005

Slimane Benaïssa est auteur, metteur en scène, acteur, il explique ce choix de la manière suivante :

J'ai pris l'habitude de travailler comme ça en Algérie. En Algérie, si je veux que ma parole aboutisse au public comme je souhaite, il faut que je sois le metteur en scène. Et quand on dit des choses très fortes en Algérie, les gens revendiquent que le poète soit là, se montre... Il y a des choses qu'on ne peut pas déléguer à d'autres et ça c'est très important dans la culture africaine et méditerranéenne. Et c'est ça qui m'a amené à monter sur scène.

L'autre particularité est que Slimane Benaïssa fait de son théâtre, un théâtre d'exposition.

Le chemin de l'exil : un nouveau lieu d'écriture

En 1988 une cassure va s'ouvrir en Algérie avec les émeutes des étudiants et la répression. Chadli qui était au pouvoir depuis 1979 a commencé par remettre l'armée dans les casernes, ré-instaurer une tendance vers la libéralisation économique. Mais le FLN ne l'a pas suivi ce qui a entraîné une crise au sein même du pouvoir. L'État et le parti sont entrés en contradiction. Du coup la seule force qui apparue unie et organisée fut représentée par les islamistes. Les assassinats vont alors se multiplier et les intellectuels vont en être victimes.
Le 10 février 1993, il va donc quitter l'Algérie. Répondant d'abord à une demande d'atelier d'écriture à Epiney-sur-Seine, où il écrira Marianne et le Marabout. Suite à cette résidence d’écriture, S.Benaïssa choisira de ne pas revenir en Algérie. L'exil va être pour Slimane Benaïssa un voyage douloureux fait d'une (suite d'interrogations sans réponses et sans fin.)

Le contrat

Mais il ne tardera pas à tirer sa révérence à la société qui l'emploie. Il avait en effet un contrat avec son frère aîné Mohamed qui était parti en 62 en URSS, en formation pendant 5 ans. Celui-ci lui avait promis de lui donner 5 ans quand il reviendrait, s'il aidait financièrement leurs parents durant son absence, car le père avait perdu son magasin sous les bombardements de l'OAS. Ainsi quand Mohamed est revenu, il lui a dit qu'il pouvait faire ce qu'il voulait pendant cinq ans. Et ce sera pendant ces années de liberté que S.Benaïssa « va s'installer dans le théâtre», jusqu'à son départ au service militaire. Pendant cette période il fut affecté à l’école des cadets de la révolution de Koléa comme professeur de maths.

Le commencement de l'aventure théâtrale

En septembre 1967, Slimane Benaïssa rencontre alors l'équipe de « Théâtre et Culture » qui lui demande, puisqu'il est bilingue et que le pays se lançait dans l'arabisation, de traduire du français vers l'arabe Les Perses d'Eschyle et L'exception à la règle de Brecht.

Il traduira par la suite La poudre d'intelligence de Kateb Yacine en 1969 et écrira sa première pièce Echaab Echaab (Peuple… Peuple).

Slimane Benaïssa prend alors conscience que le répertoire universel traduit en arabe apparaît comme une chose bien étrange au spectateur. Il propose alors au reste de l'équipe d'écrire leur propre pièce.

La place du métissage.

Slimane Benaïssa est né à Guelma, près de Bône, à l'Est de Constantine.

Son père est Berbère du désert, du M'zab dans le Sud. Originaire de Ben-yezguen «La ville sacrée », c'est un Ibadite, c'est-à-dire un des rares adeptes d'une confession considérée par les musulmans comme « sortant de l'islam ». Sa mère est également Berbère de religion malikite, c'est une Chaouia des montagnes. S.Benaïssa expliquera que ses deux communautés berbères, celle du désert et celle de la montagne ne se rencontre d'habitude jamais, car elles n'ont pas la même culture.

La petite maison familiales abrite également une famille juive et une famille chrétienne et cette cohabitation des religions aura son importance pour S.Benaïssa (quand il parle des enfants de ces deux familles il parle d'eux comme de ses frères puisqu'ils sont nés presque la même année que lui.)

Lui et ses deux frères plus âgés et ses deux sœurs plus jeunes, apprendront le français à l'école, l'arabe leurs sera enseigné à la medersa (école d’enseignement arabe) et parlerons le (berbère mozabite et Chaouia) à la maison.

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Prochainement, lire et écouter le nouveau roman de Slimane Benaïssa

Dieu m'a avoué qu'il n'y est pour rien

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